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Tva sur carburant véhicule de tourisme : ce que les dirigeants de pme doivent savoir pour optimiser leurs charges

Tva sur carburant véhicule de tourisme : ce que les dirigeants de pme doivent savoir pour optimiser leurs charges

Tva sur carburant véhicule de tourisme : ce que les dirigeants de pme doivent savoir pour optimiser leurs charges

La TVA sur le carburant des véhicules de tourisme est un sujet que beaucoup de dirigeants de PME laissent au comptable… en espérant que tout soit optimisé. Problème : c’est souvent là que se cachent des centaines, voire des milliers d’euros par an de charges mal gérées. Entre essence, diesel, hybrides, électriques, IK et véhicules de société, les règles ne sont pas intuitives. Pourtant, avec quelques principes simples, vous pouvez reprendre la main.

Véhicule de tourisme ou utilitaire : le point de départ

Avant de parler TVA sur le carburant, il faut être clair sur un point : votre véhicule est-il considéré comme un véhicule de tourisme ou un véhicule utilitaire ? La TVA ne se traite pas du tout de la même façon.

Un véhicule de tourisme, au sens fiscal, c’est en général :

Un véhicule utilitaire, lui, se caractérise par :

Pourquoi cette distinction est clé ? Parce que sur un utilitaire, la TVA sur le carburant est en général déductible à 100 %. Sur un véhicule de tourisme, vous êtes souvent limité à 80 %, voire pas du tout pour certains postes (achat du véhicule, par exemple).

Un dirigeant que j’ai accompagné en 2023 dans le BTP utilisait des SUV “pour le confort des équipes” sur les chantiers. En basculant sur des utilitaires (légèrement mieux équipés) et en ajustant sa politique véhicule, il a récupéré plus de 12 000 € de TVA sur trois ans. Sans augmenter le chiffre d’affaires, juste en changeant de catégorie de véhicules.

TVA sur carburant : les règles à connaître pour les véhicules de tourisme

Passons au nerf de la guerre : quelles sont les règles actuelles (France) sur la TVA pour le carburant des véhicules de tourisme ?

Pour simplifier, on va distinguer par type d’énergie :

Deux rappels importants :

Autrement dit : si votre véhicule de direction est une berline essence achetée au nom de la société, utilisée 70 % pour le pro, vous pouvez en pratique appliquer la déduction de TVA carburant (80 %) sur l’intégralité de la consommation, à condition de traiter correctement l’avantage en nature.

Et pour l’achat ou la location du véhicule de tourisme ?

C’est le point qui surprend souvent les dirigeants : même si la TVA sur le carburant est partiellement récupérable, ce n’est pas le cas de la TVA sur l’achat du véhicule de tourisme lui-même.

Règle générale :

Pour la location longue durée (LLD) ou la location avec option d’achat (LOA) d’un véhicule de tourisme, la TVA sur les loyers est en principe également non récupérable, toujours sauf cas particuliers de certaines professions.

Pourquoi en parler dans un article sur le carburant ? Parce que le choix entre véhicule de tourisme et utilitaire ne joue pas que sur le gazole ou l’essence : il impacte votre structure globale de TVA et donc vos charges sur tout le cycle de vie du véhicule.

Barème kilométrique ou frais réels : un choix qui change tout pour la TVA

Autre point que beaucoup de dirigeants mélangent : le choix entre rembourser les frais kilométriques (barème IK) ou faire supporter les frais par l’entreprise (frais réels) a un impact direct sur la TVA.

Si vous utilisez le barème kilométrique pour un dirigeant ou un salarié, en remboursant au kilomètre avec le barème fiscal :

Si à l’inverse, le véhicule est au nom de l’entreprise et que vous passez les frais réels (carburant, entretien, etc.) :

Pour une PME avec plusieurs commerciaux, le choix entre IK et véhicule de société peut représenter plusieurs milliers d’euros de TVA récupérable ou perdue chaque année. Il n’y a pas de réponse unique : cela dépend du kilométrage, du type de véhicule, du coût total de possession (TCO) et de la structure de votre entreprise.

Cas pratique : combien de TVA récupérée sur un véhicule de tourisme essence ?

Prenons un exemple simple.

Une PME met à disposition de son dirigeant un véhicule de tourisme essence, utilisé principalement pour des déplacements professionnels. Le véhicule est au nom de la société. Consommation de carburant : 300 € TTC par mois, avec un taux de TVA à 20 %.

Sur un mois :

Sur une année, cela représente :

Maintenant, imaginez la même PME avec un parc de 5 véhicules de tourisme utilisés intensivement. On est vite sur plusieurs milliers d’euros de TVA potentiellement récupérables… ou perdus si les factures sont mal gérées ou si les règles sont ignorées.

Les bons réflexes pour optimiser la TVA sur carburant dans une PME

Au-delà des règles purement fiscales, ce qui fait la différence dans les PME que j’accompagne, ce sont les process. Quelques bonnes pratiques peuvent vous éviter bien des mauvaises surprises.

1. Mettre en place une politique véhicule claire

2. Centraliser les achats de carburant

3. Distinguer clairement usage pro et usage perso

4. Vérifier la cohérence comptable

Véhicules électriques et hybrides : une opportunité fiscale à regarder de près

Avec la montée en puissance des véhicules électriques et hybrides rechargeables, les dirigeants de PME se posent logiquement la question : qu’est-ce que ça change pour la TVA sur “le carburant” ?

Pour un véhicule électrique :

Pour un hybride rechargeable :

Dans plusieurs PME de services qui roulent beaucoup en zone urbaine, le passage à des flottes hybrides rechargeables ou 100 % électriques a eu un double effet :

Attention toutefois : le traitement de la TVA sur l’achat ou la location du véhicule lui-même reste soumis aux mêmes règles que pour les thermiques (véhicule de tourisme vs utilitaire, professions spécifiques autorisées à déduire la TVA, etc.).

Erreur fréquente : sous-estimer le risque en cas de contrôle

On pourrait se dire : “Après tout, ce ne sont que quelques dizaines d’euros de TVA par mois, l’administration ne viendra pas nous embêter pour ça.” C’est oublier une réalité des contrôles fiscaux : la TVA est un axe prioritaire des vérifications.

En cas de contrôle, les points souvent examinés sont :

Si le contrôleur estime que vous avez récupéré de la TVA à tort (mauvais taux, carburant non affecté à l’activité, tickets non probants…), il peut :

À l’inverse, j’ai vu des contrôles où l’administration a validé sans discussion les montants de TVA déduits… simplement parce que la PME avait des process propres, des justificatifs carrés et une politique véhicule documentée. Ce n’est pas une question de “jouer avec les limites”, mais de montrer que vous maîtrisez votre sujet.

Plan d’action : que pouvez-vous faire dès demain ?

L’objectif n’est pas de devenir fiscaliste, mais de piloter votre entreprise. Voici une check-list opérationnelle pour avancer rapidement :

En une ou deux réunions bien préparées, la plupart des PME peuvent :

La TVA sur le carburant des véhicules de tourisme n’est pas le sujet le plus glamour de la gestion d’entreprise. Pourtant, entre un dirigeant qui subit et un dirigeant qui maîtrise, la différence se compte en milliers d’euros sur la durée de vie d’un parc automobile. À vous de voir dans quel camp vous voulez être.

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