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Pme critere : comment savoir si votre entreprise entre officiellement dans la catégorie des petites et moyennes entreprises

Pme critere : comment savoir si votre entreprise entre officiellement dans la catégorie des petites et moyennes entreprises

Pme critere : comment savoir si votre entreprise entre officiellement dans la catégorie des petites et moyennes entreprises

Pourquoi le statut de PME n’est pas qu’une “étiquette” administrative

Beaucoup de dirigeants ont une idée vague de ce qu’est une PME : “on n’est pas un grand groupe, donc on est une PME”. En pratique, c’est plus subtil. Et surtout, ce n’est pas un détail : savoir si votre entreprise entre officiellement dans la catégorie des petites et moyennes entreprises conditionne l’accès à une partie des aides publiques, certains dispositifs fiscaux, des appels d’offres, voire des conditions bancaires.

Avant de parler financement ou croissance, il faut donc répondre à une question simple : êtes-vous réellement une PME au sens des textes officiels ?

Dans cet article, on va décortiquer les critères, voir comment les appliquer à votre situation (y compris si vous avez plusieurs sociétés, des investisseurs, un groupe au-dessus), et surtout, comment vérifier ça de façon opérationnelle.

La définition officielle de la PME en Europe

En France, on utilise la définition européenne de la PME, issue d’une recommandation de la Commission européenne (2003/361/CE). C’est cette définition qui sert de référence pour la majorité des dispositifs publics (BPI France, crédits d’impôt, subventions européennes, etc.).

Une entreprise est considérée comme PME si elle respecte trois grands critères :

Les deux premiers critères sont généralement faciles à vérifier. Le troisième (l’autonomie) devient plus technique dès qu’on parle de holdings, de fonds d’investissement ou de groupes.

Micro, petite, moyenne entreprise : où vous situez-vous exactement ?

La catégorie “PME” recouvre en réalité trois sous-catégories, qui peuvent elles-mêmes conditionner l’accès à certains dispositifs.

Autrement dit, toutes les micro et petites entreprises sont des PME, mais toutes les PME ne sont pas des petites entreprises.

Pourquoi cette distinction est importante ? Parce que certains programmes vont cibler :

Critère n°1 : l’effectif, comment compter “vraiment” vos salariés

Sur le papier, c’est simple : une PME, c’est moins de 250 salariés. Mais il faut regarder les règles de calcul de cet effectif.

L’effectif retenu est un effectif annuel en équivalent temps plein (ETP), et non pas un effectif physique à un instant T.

Concrètement, il faut compter :

Un exemple simple :

L’effectif annuel sera : 30 + 5 + 2,5 = 37,5 ETP.

Vous êtes donc très loin du seuil des 250. En revanche, si vous avez plusieurs très gros sites ou des filiales, il faudra peut-être agréger les effectifs (voir plus bas).

Attention aussi au moment de la mesure : pour l’attribution d’une aide ou d’un statut fiscal, l’administration se réfère généralement à l’effectif de l’exercice précédent (N-1). Une croissance rapide peut donc faire basculer votre catégorie… avec un an de décalage.

Critère n°2 : chiffre d’affaires et total de bilan, lesquels regarder ?

Pour le volet financier, ce qui compte, c’est de respecter

Pas besoin de cocher les deux cases : l’un ou l’autre suffit. Par exemple :

Quelques précisions opérationnelles :

Critère n°3 : l’indépendance, le point aveugle de beaucoup de dirigeants

C’est souvent là que les choses se corsent. Une société peut être petite en apparence, mais contrôlée par un grand groupe, et donc ne plus être considérée comme une PME.

Le principe : pour être une PME, votre entreprise doit être autonome, c’est-à-dire ne pas être contrôlée à plus de 25 % par une ou plusieurs entreprises qui ne sont pas elles-mêmes des PME.

On distingue trois catégories de relations capitalistiques :

Dans les cas “partenaire” et “liée”, il faudra agréger les chiffres (effectif, CA, bilan) d’une partie ou de la totalité du groupe pour déterminer si vous êtes encore une PME.

Comment agréger les chiffres en cas de groupe ou de holdings ?

C’est l’étape la plus souvent oubliée… et pourtant déterminante. Si votre entreprise est intégrée à un groupe, les seuils de la PME se calculent en additionnant les données de certaines autres entités.

Le principe :

Exemple concret :

Vous dirigez la société Alpha, qui a :

Sur le papier, Alpha est une “petite entreprise”. Mais :

Résultat : pour apprécier le statut de PME, Alpha et Beta sont liées via ce fonds. On doit donc additionner leurs données à 100 % :

Le groupe reste en-dessous de 250 salariés et 50 M€ de CA : Alpha peut encore être considérée comme une PME.

Mais si Beta avait 220 salariés au lieu de 150, l’ensemble passerait à 300 salariés : Alpha ne serait plus une PME au sens de la définition européenne, même si isolément elle ressemble à une “petite boîte”.

Cas particuliers : holdings, investisseurs publics, business angels

Tout n’est pas noir ou blanc. Certaines participations ne font pas perdre le statut de PME, même au-delà de 25 % du capital. C’est le cas notamment :

La logique du législateur européen est simple : ces acteurs sont là pour financer la croissance des PME, pas pour les transformer en filiales de grands groupes.

Autre cas fréquent : la société holding. Si vous avez créé une holding qui détient 100 % de votre société opérationnelle, la question est : où se situent réellement les salariés, le CA et le bilan ?

Pourquoi ce statut de PME est déterminant pour vos financements

Dans la pratique, le statut de PME sert souvent de clé d’entrée ou de condition d’éligibilité. Quelques exemples concrets :

Ne pas être capable de démontrer formellement que vous êtes bien une PME, c’est prendre le risque de :

Comment vérifier, point par point, si vous êtes officiellement une PME

Passons à la partie opérationnelle. Voici une méthode simple en 5 étapes pour clarifier votre statut.

Étape 1 : rassembler les données clés

Pour l’exercice N-1, sortez :

Étape 2 : calculer l’effectif moyen annuel

Si vous n’avez pas le chiffre en ETP directement :

Comparez le résultat au seuil de 250 ETP.

Étape 3 : vérifier les seuils financiers

À partir de vos comptes :

Vous êtes éligible au critère financier de la PME si :

Étape 4 : analyser votre capital

Regardez la structure de votre actionnariat :

En cas de doute, il peut être utile de demander à vos actionnaires leurs propres chiffres (effectifs, CA, bilan) pour qualifier leur statut.

Étape 5 : agréger si nécessaire

Si vous avez des liens capitalistiques significatifs :

Ce sont ces chiffres “agrégés” qui permettront de trancher officiellement sur votre statut de PME.

Et si vous dépassez (ou risquez de dépasser) les seuils ?

Si vos chiffres montrent que vous êtes déjà au-dessus des seuils, ou que vous êtes à la limite, quelques points de vigilance s’imposent :

En pratique, comment documenter votre statut de PME auprès de vos partenaires

Banques, Bpifrance, régions, Europe… tous vous demanderont, tôt ou tard, de justifier votre statut de PME. Vous gagnerez du temps si vous préparez un “kit PME” simple et à jour.

Ce kit peut contenir :

Ce travail, vous ne le faites pas seulement pour l’administration. Il clarifie aussi une chose essentielle pour un dirigeant : où se situe réellement votre entreprise dans le paysage économique ? Toujours une PME, bientôt une ETI, encore une micro ou déjà une “moyenne” solide ?

Cette lecture, combinée à vos objectifs de développement, vous aidera à aligner vos choix de financement, de gouvernance et de structuration de groupe avec la réalité de votre trajectoire.

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