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Gérant salarié avantage et inconvénient : ce qu’une pme doit analyser avant de choisir son statut de direction

Gérant salarié avantage et inconvénient : ce qu’une pme doit analyser avant de choisir son statut de direction

Gérant salarié avantage et inconvénient : ce qu’une pme doit analyser avant de choisir son statut de direction

Pourquoi la question du gérant salarié est stratégique pour une PME

Au moment de créer ou de réorganiser une PME, le choix du statut du dirigeant est souvent traité comme une « formalité juridique ». C’est une erreur. Entre gérant salarié, gérant TNS (travailleur non salarié), président de SAS assimilé salarié… le statut de direction a un impact direct sur :

Avant de cocher la case « gérant salarié » dans vos statuts, il faut donc poser une vraie grille d’analyse. L’objectif : aligner le statut du dirigeant avec la stratégie et la trajectoire de votre PME, pas juste avec ce qui semble « simple » sur le moment.

Gérant salarié : de quoi parle-t-on exactement ?

Le terme « gérant salarié » est souvent utilisé de façon un peu floue. Dans la pratique, on parle surtout :

Dans la suite de l’article, on regroupera ces situations sous l’étiquette « gérant salarié », par opposition au gérant majoritaire TNS de SARL/EURL (affilié à la Sécurité sociale des indépendants), souvent moins coûteux mais moins protégé.

Point clef : le « gérant salarié » est assimilé salarié. Il n’a pas droit à l’assurance-chômage classique (Pôle emploi), sauf cas particuliers (cumul mandat/contrat de travail très encadré), mais il bénéficie du régime général pour la maladie, la retraite de base et complémentaire, les allocations journalières…

Avantages du gérant salarié pour une PME

Pourquoi de plus en plus de PME basculent vers un modèle de gérant ou président assimilé salarié ? Parce qu’il apporte plusieurs avantages très concrets.

Une protection sociale plus lisible et souvent plus protectrice

Dans la très grande majorité des cas, le régime assimilé salarié offre une meilleure couverture que le régime TNS :

Pour un dirigeant qui a une famille, un crédit immobilier, un niveau de revenus significatif, cette sécurité supplémentaire n’est pas un luxe. Beaucoup de dirigeants TNS réalisent trop tard qu’ils sont mal couverts et doivent « rattraper » en souscrivant des contrats privés coûteux (Madelin, prévoyance, etc.).

Exemple terrain : un dirigeant de PME industrielle facturait 4 000 € nets par mois en tant que gérant majoritaire TNS. En simulant une bascule en président de SAS assimilé salarié, la cotisation globale augmentait de près de 40 %, mais sa retraite projetée gagnait environ 800 € bruts par mois et sa prévoyance était intégrée dans un contrat collectif plus avantageux.

Une image plus « classique » pour recruter ou ouvrir le capital

Le statut assimilé salarié est plus aligné avec les standards des cadres dirigeants. Pour convaincre un directeur commercial senior, un DAF expérimenté ou un directeur d’usine de rejoindre une PME, lui proposer :

sera généralement plus simple que de lui expliquer qu’il devra passer TNS dans une SARL familiale.

De la même manière, certains investisseurs (fonds, family offices) sont plus à l’aise avec une gouvernance de type SAS avec un président assimilé salarié, un pacte d’associés et des organes de contrôle, plutôt qu’une SARL très « propriétaire » avec un gérant majoritaire TNS difficilement remplaçable.

Un cadre plus ferme pour séparer rémunération et dividendes

Le statut de gérant salarié pousse naturellement à distinguer :

Cette séparation est saine :

Dans une PME qui commence à structurer sa gouvernance, ce cadre permet de réduire les conflits entre associés : on se met d’accord sur le « salaire de marché » du dirigeant, puis on arbitre les dividendes selon les résultats.

Inconvénients du gérant salarié : ce que la PME doit assumer

Ces avantages ont un coût. Et ce coût peut devenir un vrai handicap pour certaines PME, surtout en phase de démarrage ou de retournement.

Un coût global significativement plus élevé

À rémunération nette équivalente pour le dirigeant, le coût pour la PME est généralement 20 à 40 % plus élevé avec un statut assimilé salarié que TNS, selon les cas. La différence se joue surtout sur :

Illustration simplifiée (ordres de grandeur, hors situation particulière) :

Sur une année, l’écart représente plusieurs dizaines de milliers d’euros. Pour une PME avec une trésorerie tendue, c’est loin d’être anecdotique.

Une flexibilité moindre sur l’ajustement de la rémunération

Le statut de gérant salarié implique une logique de bulletin de salaire régulier. Bien sûr, la rémunération du dirigeant peut être ajustée, mais :

En TNS, la pratique est souvent plus souple : le dirigeant peut lisser sa rémunération sur l’année en fonction de la trésorerie, se verser moins pendant les creux d’activité et se rattraper ensuite. Ce n’est pas toujours idéal d’un point de vue personnel, mais c’est parfois ce qui sauve la boîte.

Un faux sentiment de sécurité sur le chômage

Beaucoup de dirigeants assimilés salariés pensent qu’ils auront droit au chômage comme n’importe quel salarié… Ce n’est pas le cas, sauf situation très spécifique de cumul valide mandat + contrat de travail subordonné et reconnu comme tel (ce qui reste rare et juridiquement fragile).

Résultat :

Si la sécurité en cas de perte de poste est un sujet, il faut alors regarder les assurances privées chômage du dirigeant (GSC, APPI, etc.), qui représentent un coût additionnel non négligeable.

Les 5 questions à se poser avant de choisir le statut de gérant

Plutôt que de raisonner en « pour » ou « contre » le gérant salarié, il est plus utile de poser une série de questions structurantes. Voici une grille utilisée dans plusieurs missions de conseil auprès de PME.

Quel est le niveau de risque personnel accepté par le dirigeant ?

Si le dirigeant est prêt à accepter :

le TNS peut rester une option crédible, surtout en phase de lancement. À l’inverse, si la priorité est la sécurité (santé, retraite, prévoyance) et la visibilité personnelle, le statut assimilé salarié est cohérent, même s’il « rogne » la capacité d’autofinancement de la PME.

Quelle est la trajectoire de la PME sur 3 à 5 ans ?

Le choix n’est pas gravé dans le marbre. On voit souvent des trajectoires :

Si vous savez déjà que vous allez devoir structurer votre gouvernance, recruter un comité de direction, préparer une levée de fonds, il peut être pertinent d’anticiper le passage à un statut assimilé salarié.

Y a-t-il des associés minoritaires ou des investisseurs ?

Avec des associés non opérationnels (investisseurs individuels, fonds, héritiers…), la transparence sur la rémunération du dirigeant est essentielle.

Le statut de gérant salarié, avec un salaire affiché sur un bulletin, peut faciliter :

Côté banque, la présence d’un président assimilé salarié avec un package clair peut aussi être vue comme un signe de structuration de la gouvernance.

Quel est le profil du dirigeant (ou à recruter) ?

Un fondateur entrepreneur, habitué à prendre des risques, sans charges personnelles lourdes, pourra vivre plus facilement avec le régime TNS. Un dirigeant recruté sur le marché, avec un passé de cadre dans de grands groupes, sera en général beaucoup plus réceptif à :

Si votre stratégie repose sur l’attraction de talents de direction externes, le statut de gérant salarié est souvent un passage obligé.

Quel est l’impact réel sur votre capacité d’investissement ?

La question clé n’est pas « combien ça coûte de plus », mais : « ce surcoût met-il en danger ma capacité d’autofinancement et d’investissement ? »

Dans la pratique, lors d’accompagnements de PME, on observe trois cas typiques :

Méthode en 4 étapes pour trancher sans se tromper

Passons au « comment faire concrètement dès demain ». Voici une méthode simple pour arbitrer entre gérant salarié et TNS dans votre PME.

Étape 1 : faire 2 à 3 simulations chiffrées précises

Demandez à votre expert-comptable de produire au moins deux scénarios complets :

Objectif : voir noir sur blanc l’impact sur :

Étape 2 : cartographier les besoins de protection du dirigeant

Listez factuellement :

Faites ensuite comparer les couvertures TNS vs assimilé salarié par un courtier ou conseil indépendant. Parfois, un TNS bien couvert par des contrats adaptés se rapproche du niveau de sécurité d’un assimilé salarié, avec un coût global encore inférieur. Parfois, c’est l’inverse.

Étape 3 : intégrer les enjeux de gouvernance et de développement

Posez-vous deux questions très opérationnelles :

Si la réponse est oui à l’une de ces questions, le passage à une structure de type SAS avec président assimilé salarié s’impose souvent comme un standard de marché. Mieux vaut anticiper que bricoler dans l’urgence lors d’une levée de fonds ou d’une transmission.

Étape 4 : formaliser une trajectoire plutôt qu’un choix figé

Plutôt que de choisir « pour la vie », définissez une trajectoire :

Inscrivez cette trajectoire dans votre pacte d’associés et partagez-la avec votre expert-comptable et votre banquier. Cela donne de la visibilité et évite les débats récurrents au gré des résultats.

En résumé : un choix d’équilibre, pas de dogme

Le gérant salarié n’est ni la solution miracle, ni une hérésie coûteuse. C’est un outil de structuration qui :

Pour une PME, l’enjeu est de savoir à quel moment ce surcoût devient un investissement rentable au regard de sa trajectoire. En posant quelques chiffres, en prenant en compte les besoins réels du dirigeant et les projets de développement, le choix devient beaucoup moins théorique… et beaucoup plus stratégique.

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