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Comment calculer un prix de revient fiable pour piloter la rentabilité de votre pme

Comment calculer un prix de revient fiable pour piloter la rentabilité de votre pme

Comment calculer un prix de revient fiable pour piloter la rentabilité de votre pme

Si vous demandez à dix dirigeants de PME comment ils fixent leurs prix, vous entendrez souvent : « on regarde la concurrence », « on applique un coefficient », « on ajuste au feeling ». Tant que la trésorerie tient, ça fonctionne… jusqu’au jour où le volume augmente, les coûts explosent et que vous découvrez que vous perdez de l’argent en travaillant plus.

Le point de départ pour piloter réellement la rentabilité, ce n’est pas le prix de vente, c’est le prix de revient. Autrement dit : combien vous coûte réellement un produit, un service, une journée homme, un projet livré. Sans ce chiffre, tout le reste est du pilotage au jugé.

Pourquoi votre prix de revient actuel est peut-être faux

Beaucoup de PME pensent avoir un prix de revient, mais travaillent en réalité avec des approximations dangereuses :

Résultat : certains produits ou services très vendeurs sont en fait structurellement déficitaires, et ce sont eux que vos commerciaux privilégient… parce qu’ils se vendent facilement.

Un prix de revient fiable doit permettre de répondre clairement à ces questions :

Pour cela, inutile de déployer un ERP à plusieurs centaines de milliers d’euros. Une méthode simple et robuste suffit, à condition d’être discipliné.

Les 4 briques indispensables d’un prix de revient fiable

Quel que soit votre secteur (industrie, service, négoce, bâtiment, agence, etc.), un prix de revient repose toujours sur la même logique :

Voyons comment assembler ces briques de façon opérationnelle.

Étape 1 : lister et fiabiliser vos coûts directs

Les coûts directs sont ceux que vous pouvez rattacher sans ambiguïté à un produit ou un service donné. C’est la partie la plus facile, mais elle est souvent sous-estimée.

Ils incluent notamment :

Exemple concret dans une PME industrielle (fabrication de pièces métalliques) :

Coût direct unitaire = 7,50 + 0,40 + 1,80 + 6 + 3,33 + 0,60 = 19,63 €

Point de vigilance : le coût horaire chargé d’un salarié ne se limite pas à son salaire brut. Il doit inclure :

Concrètement, un salarié payé 2 000 € brut peut facilement représenter 3 000 à 3 400 € chargé pour l’entreprise, auxquels il faut ajouter le fait qu’il ne produit pas 100 % de son temps. Dans beaucoup de PME, un « coût horaire chargé » réaliste est 1,5 à 2 fois le brut horaire.

Étape 2 : identifier et regrouper vos coûts indirects

Les coûts indirects sont les charges que vous ne pouvez pas rattacher directement à un produit, mais qui sont indispensables à son existence :

Deux erreurs fréquentes à éviter :

Exemple dans une PME de services B2B (agence digitale) :

Total coûts indirects mensuels : 7 000 €

La question clé devient alors : sur quelle base répartir ces 7 000 € pour obtenir un coût de revient par jour-homme, par mission ou par projet ?

Étape 3 : choisir une base de répartition simple et cohérente

Le piège classique consiste à vouloir être parfaitement « scientifique » et à construire des clés de répartition ultra-complexes… que personne ne comprend ni ne met à jour.

Pour une PME, il vaut mieux un modèle simple, compris et mis à jour tous les ans, qu’une usinage à gaz théoriquement parfait mais inutilisable.

Quelques bases de répartition efficaces selon votre activité :

Reprenons notre agence digitale avec 7 000 € de coûts indirects mensuels.

Supposons :

Capacité de production facturable : 5 x 18 = 90 jours-hommes par mois.

Coût indirect par jour-homme = 7 000 € / 90 ≈ 77,78 €

Un jour-homme facturé doit donc supporter :

Coût de revient « structure » par jour-homme : 280 + 78 ≈ 358 €

Si vous vendez certains jours-hommes à 350 €, vous savez que, mécaniquement, vous perdez de l’argent dessus, même si la mission semble « intéressante ».

Étape 4 : intégrer la vraie vie (pertes, retouches, remises, SAV)

Sur le papier, tout est carré. Sur le terrain, c’est une autre histoire :

Si vous ne les intégrez pas dans votre prix de revient, votre modèle sera systématiquement trop optimiste.

Deux approches pratiques :

Exemple dans une PME de fabrication :

Pour produire 100 pièces utilisables, vous en produisez en moyenne 104. Le coût réel par pièce vendue est donc :

Coût réel = (104 x 20 €) / 100 = 20,8 €

En ne tenant pas compte de ce 0,8 €, vous sous-estimez votre coût de 4 %. Sur un volume important ou une marge serrée, cela suffit à passer dans le rouge.

Mettre tout ça ensemble : une formule simple de prix de revient

En résumé, pour un produit (ou une journée de service), vous pouvez formaliser :

Prix de revient unitaire =

(Coût direct unitaire

+ Quote-part de coûts indirects

) x (1 + taux de pertes / retouches / remises)

Ou, pour une prestation de service :

Prix de revient d’une mission =

Somme des (jours-hommes prévus x coût complet par jour-homme)

+ achats et sous-traitance spécifiques

le tout ajusté des dérives constatées sur des missions similaires.

L’intérêt de cette formalisation est double :

3 erreurs fréquentes des PME dans le calcul du prix de revient

En accompagnant des dirigeants sur ce sujet, je retrouve toujours les mêmes pièges.

Comment utiliser votre prix de revient pour piloter votre rentabilité

Une fois vos prix de revient fiabilisés, l’objectif n’est pas de les ranger dans un tiroir. Ils deviennent un outil de pilotage quotidien.

Voici 5 usages concrets :

Une méthode simple en 7 jours pour démarrer dans votre PME

Pas besoin d’un projet de 6 mois pour obtenir un premier prix de revient exploitable. Voici un plan réaliste sur une semaine :

L’objectif n’est pas d’obtenir la perfection, mais un modèle suffisamment fiable pour prendre des décisions dès maintenant. Vous l’améliorerez ensuite par itérations, en intégrant de nouveaux produits ou en affinant certaines clés.

Un prix de revient fiable n’est pas un « luxe » réservé aux grands groupes : c’est un outil vital de survie et de croissance pour toute PME qui veut maîtriser ses marges, choisir ses batailles et arrêter de subir ses prix.

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