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Aides à l’export : comment financer son expansion internationale quand on est une pme

Aides à l'export : comment financer son expansion internationale quand on est une pme

Aides à l'export : comment financer son expansion internationale quand on est une pme

Se développer à l’international fait rêver beaucoup de dirigeants de PME… jusqu’au moment où il faut sortir le chéquier. Foires, filiales, recrutements, adaptations produit, logistique : l’export consomme du cash, souvent bien avant de générer du chiffre d’affaires.

La bonne nouvelle, c’est que vous n’êtes pas obligés de financer seul cette marche à l’export. En France, l’écosystème d’aides et de financements à l’international est fourni, mais souvent mal compris ou mal utilisé. L’objectif de cet article : vous donner une feuille de route claire, pratico-pratique, pour savoir quoi activer, dans quel ordre, et avec quelles conditions.

Pourquoi l’export doit se financer comme un projet à part entière

L’erreur classique : considérer l’export comme « un commercial de plus » ou « quelques déplacements à l’étranger ». Dans les faits, une démarche sérieuse à l’international ressemble plutôt à un plan d’investissement pluriannuel.

Quelques postes de dépenses que je vois revenir systématiquement chez les PME que j’accompagne :

Résultat : il n’est pas rare que les deux premières années à l’export soient déficitaires en trésorerie, même si la marge unitaire est bonne. C’est précisément pour combler ce « trou d’air » que les dispositifs publics et privés existent.

Étape 1 : clarifier son projet export avant de chercher des aides

Avant même de parler subventions ou prêts, la première question que je pose à un dirigeant est : « qu’est-ce que vous voulez financer, exactement, et dans quel calendrier ? ».

Pour être éligible aux aides et surtout pour les obtenir, vous devrez être capable de formaliser :

Un simple tableur budgétaire avec les grandes lignes mois par mois et un document de quelques pages décrivant le projet suffisent souvent pour enclencher la discussion avec Bpifrance, votre banque, la Région ou Team France Export.

Astuce terrain : les dispositifs les plus intéressants sont généralement attribués à ceux qui arrivent avec un projet déjà structuré, pas avec une idée vague de « tester l’Allemagne ». Investir du temps dans cette phase vous fera gagner des semaines ensuite.

Les principaux dispositifs publics nationaux pour financer l’export

Commençons par les grands classiques du financement public à l’international, ceux que toute PME devrait au moins envisager.

L’Assurance Prospection de Bpifrance : sécuriser le risque commercial

L’Assurance Prospection (ex-COFACE) est un outil redoutable pour financer vos dépenses de prospection tout en couvrant le risque d’échec commercial.

Le principe :

En pratique, pour une PME qui vise 100 000 à 300 000 € de budget export sur 2–3 ans, l’Assurance Prospection permet d’absorber une part significative du risque. Si la prospection ne donne pas les résultats escomptés, la partie non couverte ne sera pas remboursée intégralement.

C’est typiquement l’outil à activer pour :

Les prêts Bpifrance dédiés au développement international

Au-delà de l’assurance, Bpifrance propose plusieurs prêts sans garantie réelle ni caution personnelle du dirigeant, souvent en quasi-fonds propres, pour soutenir les investissements export.

Deux dispositifs reviennent souvent dans les dossiers de PME :

L’intérêt pour une PME :

Sur le terrain, ces prêts sont fréquemment mobilisés pour financer : la création d’un service export structuré, le lancement d’un réseau de distributeurs étrangers, ou encore une première filiale commerciale.

Les aides à l’accompagnement : Team France Export, Business France, V.I.E.

Le financement, ce ne sont pas seulement des euros sur votre compte. C’est aussi la possibilité de payer moins cher des prestations d’accompagnement habituellement coûteuses.

Parmi les dispositifs à regarder de près :

Beaucoup de Régions subventionnent une partie du coût de ces dispositifs. Dans certains cas, le coût net d’un V.I.E. peut être divisé par deux pour une PME, ce qui change radicalement la donne pour se doter d’une présence locale.

Ne pas sous-estimer les aides régionales et européennes

Les dispositifs nationaux sont bien connus, mais une part croissante du financement export vient désormais des Régions et parfois de l’Europe (FEDER, programmes sectoriels).

Ce que je constate sur le terrain :

Problème : ces aides changent de nom, de forme et de conditions tous les 2–3 ans. Impossible de faire un panorama exhaustif et à jour sans tomber dans le catalogue obsolète.

La solution pragmatique :

Une demi-journée investie dans cet échange peut se traduire par plusieurs dizaines de milliers d’euros d’aides mobilisables sur 2 ans.

Les solutions bancaires et privées : ne pas tout attendre du public

Les aides publiques ne financeront jamais 100 % de votre expansion internationale, et ce n’est pas souhaitable. Les banques et acteurs privés ont leur rôle à jouer, surtout une fois que votre projet est un minimum structuré.

Crédits bancaires classiques et confirmés d’exploitation

Une fois un premier volume d’affaires engagé à l’international, il devient pertinent de :

La clé, là encore, est de présenter un business plan export chiffré et crédible. Une banque financera plus facilement :

Affacturage et assurance-crédit export

À l’international, le risque d’impayé et les délais de paiement peuvent littéralement plomber votre trésorerie. Deux outils privés, souvent soutenus par des garanties publiques, sont à regarder de près :

Dans les dossiers que j’accompagne, l’affacturage export est souvent le chaînon manquant : quand les commandes commencent à arriver, vous réalisez que votre trésorerie ne suit pas. À ce moment-là, il est parfois trop tard pour négocier sereinement.

Construire un plan de financement export cohérent

Une bonne stratégie de financement à l’export, ce n’est pas « tout demander partout » ; c’est un mix cohérent de dispositifs, aligné sur votre calendrier et votre profil de risque.

Un schéma type pour une PME industrielle de 30–80 salariés qui se lance sérieusement sur 2 marchés européens pourrait ressembler à ceci :

L’idée n’est pas de copier-coller ce schéma, mais de voir comment enchaîner logiquement les outils au lieu de les empiler au hasard.

Les erreurs fréquentes des PME dans le financement de l’export

Après plusieurs dizaines de dossiers accompagnés, je retrouve toujours les mêmes pièges :

Passer à l’action : check-list pour démarrer dès cette semaine

Pour transformer cet article en plan d’action concret, voici une feuille de route simple à dérouler sur les 30 prochains jours.

En 30–45 jours, une PME motivée peut avoir sécurisé un socle de financement solide pour amorcer son développement international dans de bonnes conditions. La clé n’est pas de tout connaître par cœur, mais d’avancer méthodiquement, avec les bons relais (Team France Export, Bpifrance, Région, banque) et un projet export qui tient la route.

L’export reste un sport exigeant, mais bien financé, il devient surtout un formidable accélérateur de croissance et de résilience pour une PME. À vous de jouer.

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