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5 start-up prometteuses dans l’agriculture à suivre pour inspirer les pme des territoires

5 start-up prometteuses dans l'agriculture à suivre pour inspirer les pme des territoires

5 start-up prometteuses dans l'agriculture à suivre pour inspirer les pme des territoires

Quand on parle de start-up, on pense spontanément à la fintech, au SaaS ou à l’intelligence artificielle. Pourtant, certaines des innovations les plus concrètes et les plus utiles pour les territoires viennent… des champs. Robotique, data, nouvelles protéines, traçabilité, circuits courts : l’agritech est en train de redessiner la façon de produire, transformer et distribuer l’alimentation.

Et ce n’est pas qu’une affaire de « jeunes pousses » ou de levées de fonds spectaculaires. Beaucoup de ces modèles sont directement transposables – ou adaptables – à des PME industrielles, agroalimentaires ou de services en région.

Dans cet article, je vous propose de regarder en détail 5 start-up prometteuses dans l’agriculture, non pas pour les admirer de loin… mais pour en tirer des idées d’action concrètes pour votre propre entreprise.

Naïo Technologies : la robotique agricole au service de la main-d’œuvre

Basée près de Toulouse, Naïo Technologies développe des robots agricoles électriques dédiés au désherbage et à l’assistance des agriculteurs. Leurs robots (Oz, Dino, Ted, Orio…) sont déjà utilisés dans des vignobles, des cultures maraîchères ou encore en grandes cultures.

Leur promesse : réduire le recours aux herbicides, soulager la pénibilité et répondre à la pénurie de main-d’œuvre, tout en améliorant la productivité des exploitations. Les robots circulent de manière autonome dans les rangs, réalisent le désherbage mécanique, et libèrent du temps pour les tâches à plus forte valeur ajoutée.

Quelques chiffres parlants : plusieurs centaines de robots vendus dans plus de 20 pays, des partenariats avec de grands acteurs (vignerons, coopératives, équipementiers), et une montée en puissance rapide avec l’industrialisation de leur gamme.

Qu’est-ce qui peut inspirer les PME des territoires dans cette histoire de robots fermiers ? Beaucoup plus de choses qu’il n’y paraît.

Ce que les PME peuvent en retenir :

Ÿnsect : transformer des insectes en protéines… et des déchets en ressources

Ÿnsect, basée en France, est devenue une référence mondiale de la production de protéines d’insectes, notamment pour l’alimentation animale et les engrais organiques. Le principe : élever des insectes (notamment des scarabées) dans des fermes verticales ultra-automatisées, en valorisant des coproduits agricoles comme matière première.

Résultat : une source de protéines à très faible empreinte carbone par rapport aux protéines animales traditionnelles, et une chaîne de valeur qui transforme des « déchets » en ressource à haute valeur ajoutée.

Sans viser les mêmes volumes ni les mêmes montants de financement, les PME agricoles et agroalimentaires peuvent s’inspirer de cette logique d’économie circulaire et d’industrialisation maîtrisée.

Ce que les PME peuvent en retenir :

Connecting Food : la traçabilité de bout en bout grâce au numérique

Connecting Food propose une plateforme de traçabilité « de la fourche à la fourchette », basée sur la blockchain et des outils de contrôle numérique. L’objectif : garantir au consommateur que le produit qu’il achète respecte bien le cahier des charges annoncé (origine, labels, pratiques agricoles, etc.).

Concrètement, les données issues de chaque maillon (agriculteur, transformateur, logisticien, distributeur) sont collectées et vérifiées en temps réel. Un QR code sur l’emballage permet au client final de visualiser l’historique du produit.

Derrière les buzzwords technologiques, le sujet est extrêmement opérationnel : comment fiabiliser la traçabilité, réduire les litiges, sécuriser les filières et donner des preuves tangibles aux consommateurs ?

Ce que les PME peuvent en retenir :

Naïo, Ÿnsect, Connecting Food… et les autres : le point commun ? L’usage

Avant de passer aux deux autres start-up, un point mérite d’être souligné : toutes celles citées jusqu’ici ont construit leur proposition de valeur sur un usage terrain très concret, et pas sur une technologie « magique » en quête de problème.

Pour un dirigeant de PME, la bonne grille de lecture n’est pas : « Est-ce que je dois faire de la robotique ? De la blockchain ? Des insectes ? » mais plutôt : « Sur quel irritant majeur de mon activité pourrais-je appliquer ce type de logique ? »

Gardez cette question en tête pour les deux exemples suivants, plus proches de la transformation des territoires et des circuits de distribution.

Neofarms : les fermes urbaines clés en main et le modèle modulaire

Neofarms (ou d’autres acteurs similaires de la ferme urbaine) développe des systèmes de culture en environnement contrôlé (hydroponie, aquaponie, fermes verticales compactes), souvent installés à proximité ou au cœur des villes : containers, micro-serres connectées, modules intégrés à des bâtiments.

L’idée centrale : produire au plus près du consommateur, avec une forte maîtrise de la qualité et des intrants (eau, nutriments, lumière), en utilisant des outils numériques pour piloter la croissance des plantes.

Pour les territoires, ces modèles permettent de :

Ce que les PME peuvent en retenir :

Farmitoo : digitaliser l’achat d’équipement agricole et fluidifier les marchés B2B

Farmitoo est une marketplace en ligne dédiée au matériel agricole (tracteurs, équipements, pièces détachées, fournitures). Elle met en relation des fabricants et des agriculteurs, avec une transparence sur les prix, les caractéristiques techniques et les délais de livraison.

La force du modèle : simplifier un achat complexe, souvent géré par relations de proximité ou catalogues papier, en apportant :

Dans les faits, Farmitoo ne fait pas « que » vendre en ligne : la start-up structure un marché B2B fragmenté, apporte de la donnée (prix moyens, marques, volumes) et joue un rôle de tiers de confiance.

Ce que les PME peuvent en retenir :

Comment transformer ces inspirations en plan d’action pour votre PME ?

Regarder ces start-up ne sert à rien si cela ne se traduit pas par quelques décisions très concrètes. La bonne nouvelle, c’est qu’il n’est pas nécessaire de « disrupter » votre secteur pour vous en inspirer.

Voici une grille de lecture simple, en 5 questions, à travailler avec votre équipe de direction ou votre CODIR :

Pour ne pas rester dans le déclaratif, je conseille souvent le plan suivant, sur 6 à 12 mois :

Les territoires, terrains de jeu naturels de ces innovations

Un dernier point, souvent sous-estimé : les start-up citées ne se développent pas « dans le vide ». Elles ont besoin de terrains d’expérimentation, de partenaires industriels, de coopératives, de PME capables d’accueillir un pilote, de tester un nouveau service, de co-développer une offre.

Autrement dit, les PME des territoires ne sont pas condamnées à subir ces innovations : elles peuvent en être co-auteurs. Quelques pistes très opérationnelles :

En résumé, les 5 start-up que nous avons passées en revue ne sont pas seulement des « success stories » à admirer de loin. Elles sont surtout des laboratoires d’idées pour repenser, à l’échelle de votre PME, la manière de produire, de vendre, de coopérer et de créer de la valeur sur votre territoire.

La vraie question n’est pas de savoir si vous allez copier Naïo, Ÿnsect, Connecting Food, Neofarms ou Farmitoo. La vraie question est : quel projet concret allez-vous lancer, dans les 90 prochains jours, en vous inspirant de leurs approches ?

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