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5 pme pépites dans l’economie circulaire qui réinventent les modèles de production locaux

5 pme pépites dans l'economie circulaire qui réinventent les modèles de production locaux

5 pme pépites dans l'economie circulaire qui réinventent les modèles de production locaux

Économie circulaire, circuits courts, réemploi… On en parle beaucoup, mais sur le terrain, dans les ateliers et les entrepôts, que se passe-t-il vraiment ? De plus en plus de PME transforment ces concepts en modèles économiques rentables, ancrés localement, avec de vrais emplois à la clé.

Dans cet article, je vous propose un zoom sur 5 PME « pépites » qui montrent qu’on peut produire autrement, sans tomber dans la posture marketing. Objectif : vous donner des idées directement actionnables pour votre propre structure, que vous soyez industriel, commerçant, prestataire ou porteur de projet.

Pourquoi ces 5 PME sont intéressantes pour un dirigeant de TPE/PME

Les exemples qui suivent ont été choisis parce qu’ils répondent à trois critères concrets :

Vous verrez qu’aucune de ces PME n’a attendu d’avoir une « stratégie RSE parfaite » pour se lancer. Elles ont démarré petit, testé, itéré, puis structuré leur modèle au fil des contrats.

La Vie est Belt : transformer des déchets locaux en accessoires désirables

Basée près de Lille, La Vie est Belt fabrique des ceintures et accessoires à partir de pneus de vélo et de voiture, de tuyaux d’incendie, ou encore de chutes textiles. L’idée paraît simple : transformer un déchet abondant en produit à forte valeur perçue. Mais derrière, le modèle est finement pensé.

Comment ils réinventent la production locale :

Ce qu’un dirigeant de PME peut en retenir :

Question pratique : dans votre activité, quels sont les « déchets » récurrents (vôtres ou de vos fournisseurs/clients) qui finissent systématiquement à la benne et pourraient être transformés en produits ou composants ? Listez-en 3 dès maintenant.

Uzaje : l’industrialisation du réemploi des contenants alimentaires

Uzaje a développé des centres de lavage industriels pour les contenants alimentaires réemployables : bocaux, bouteilles, bacs, vaisselle réutilisable… Sa clientèle : restauration collective, traiteurs, industriels agroalimentaires, grandes et moyennes surfaces qui veulent sortir du tout jetable.

Leur innovation n’est pas technologique au sens classique (laver de la vaisselle n’a rien de révolutionnaire), mais logistique et organisationnelle.

Ce qu’ils ont mis en place :

Résultat : là où chacun lavait sa vaisselle dans son coin, avec des équipements peu optimisés, Uzaje mutualise la fonction « nettoyage » à l’échelle d’un territoire. Le tout avec un effet environnemental et économique double : moins de déchets, et des coûts maîtrisés dans le temps.

Ce que vous pouvez transposer :

Astuce opérationnelle : commencez par un mini-groupement informel avec 2 ou 3 entreprises voisines pour tester une mutualisation (collecte, entretien, logistique). Mesurez les coûts avant/après pendant 3 mois.

Les Alchimistes : composter les biodéchets en ville et fermer la boucle

Les Alchimistes collectent les biodéchets auprès de restaurants, cantines, commerces alimentaires et entreprises, puis les compostent à proximité, souvent en cœur de ville ou en périphérie immédiate. Le compost est ensuite revendu à des agriculteurs, maraîchers, collectivités, ou utilisé sur place.

Pourquoi c’est intéressant du point de vue d’un dirigeant :

Leur modèle repose sur une bonne compréhension de trois réalités :

Comment vous inspirer de cette approche :

Extramuros : le mobilier professionnel en matériaux de réemploi

Extramuros, en région parisienne, conçoit et fabrique du mobilier professionnel (bureaux, tables, aménagements intérieurs) à partir de matériaux de réemploi et de chutes industrielles : bois, panneaux, métaux, anciens mobiliers démontés.

Leur promesse : des aménagements sur-mesure, design, avec une traçabilité des matériaux et un impact environnemental quantifié.

Leur approche de la production locale circulaire :

Ce modèle bouscule le réflexe classique : « je conçois d’abord, j’achète ensuite la matière adéquate ». Extramuros fait l’inverse : « voici la matière disponible localement, que peut-on concevoir avec elle ? ».

Quelques pistes pour votre activité :

La Gentle Factory : mode circulaire et industrialisation en circuit court

La Gentle Factory, née dans l’écosystème textile du Nord de la France, s’est développée autour d’un pari simple mais ambitieux : prouver qu’on peut produire des vêtements durables, en grande partie en France ou en Europe proche, à partir de matières recyclées ou biologiques, tout en restant compétitif.

Leur modèle combine plusieurs leviers circulaires :

Au-delà de l’image de marque, ce qui est intéressant pour un chef d’entreprise :

Dans votre propre écosystème :

5 enseignements transverses pour lancer (ou accélérer) votre propre démarche

En croisant ces 5 exemples, on retrouve toujours les mêmes briques opérationnelles. Vous n’avez pas besoin de tout copier, mais vous pouvez vous en servir comme grille de lecture pour vos propres projets.

1. Partir d’un gisement ou d’un problème, pas d’une « bonne idée verte »

Action concrète : listez les 3 plus gros « irritants » ou gaspillages dans votre activité (matière, temps, énergie, surface, transport) et cherchez comment en faire le point de départ d’un nouveau service ou produit.

2. Construire un modèle économique avant de communiquer

Aucune des PME citées ne s’est contentée d’une posture « green » sans modèle :

Action concrète : avant de lancer un nouveau projet circulaire, formalisez un mini business plan très simple :

3. Travailler en écosystème local plutôt qu’en solo

Toutes ces PME sont profondément interconnectées à leur territoire :

Action concrète : identifiez 5 acteurs clés de votre territoire avec lesquels vous ne travaillez pas encore (ou peu) mais qui partagent vos flux (matière, déchets, clients finaux). Proposez-leur un rendez-vous pour explorer des synergies très concrètes.

4. Rendre l’impact mesurable et utile commercialement

Les meilleurs modèles ne se contentent pas de « faire du bien », ils permettent de mesurer ce bien :

Ces chiffres deviennent des arguments commerciaux pour leurs clients, qui peuvent les intégrer dans leurs propres rapports ou communications.

Action concrète : choisissez 2 indicateurs d’impact maximum (simples à suivre) et commencez à les mesurer dès maintenant, même si votre démarche n’est pas « parfaite ». Les courbes de progression parlent souvent plus que les chiffres absolus.

5. Accepter de démarrer petit, tester, ajuster

Aucune des PME citées n’avait un modèle parfaitement verrouillé au départ. Elles ont testé :

Action concrète : concevez un pilote très limité (en durée, en périmètre géographique, en nombre de clients) sur un projet circulaire. Fixez dès le départ :

Et maintenant, que faites-vous dès demain matin ?

Si vous avez lu jusqu’ici, vous n’avez pas besoin d’un énième discours sur « l’urgence climatique » ou « la rareté des ressources ». La vraie question, c’est : que pouvez-vous enclencher concrètement dans votre entreprise dans les 30 prochains jours ?

Voici une feuille de route minimaliste, mais actionnable :

Les 5 PME présentées ne sont pas des exceptions miraculeuses réservées à quelques secteurs « tendance ». Elles illustrent une chose : lorsqu’on regarde ses process avec des lunettes « économie circulaire + territoire », de nouvelles lignes de revenus et de nouveaux avantages compétitifs apparaissent.

La question n’est plus de savoir si l’économie circulaire va s’imposer. Elle est déjà en train de redessiner les chaînes de valeur. La vraie question, c’est : à quel endroit de cette nouvelle chaîne votre PME veut-elle se positionner ?

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